Les coopératives : un puissant levier pour relever les défis climatiques

4 décembre 2015
Les coopératives : un puissant levier pour relever les défis climatiques

Au cours de la Conférence de la COP21, les délégations de la Fédération internationale des coopératives et mutuelles d’assurance (ICMIF) et de l’Alliance coopérative internationale ont formellement prié les chefs d’État de convenir de mesures efficaces et ambitieuses contre le changement climatique.  Elles ont souligné les qualités exceptionnelles dont sont dotées les coopératives et qui en font un levier puissant et actionnable à long terme permettant de bâtir une économie plus durable.Paris, vendredi 4 décembre 2015. À l’occasion de la Conférence de la COP21, les représentants de la Fédération internationale des coopératives et mutuelles d’assurance (ICMIF) ont participé aujourd’hui au Plan d’Actions Lima-Paris (LPAA), lors d’une session consacrée au financement climatique.

Le 13 novembre 2015, pendant la 44e Assemblée générale de l’Alliance à Antalya, en Turquie, les Membres de l’Alliance coopérative internationale ont formulé une déclaration appelant à des mesures efficaces et ambitieuses de lutte contre le dérèglement climatique, promettant de multiplier leurs initiatives pour le combattre.

Mme Monique Leroux, la présidente de l’Alliance, a déclaré : « Le changement climatique constitue une menace mondiale complexe qui dépasse les frontières idéologiques ou géographiques et à laquelle nous ne pouvons faire face qu’à travers une approche collaborative. Les coopératives sont des entreprises durables, et leur rôle majeur en termes de durabilité a d’ores et déjà été reconnu à travers plusieurs initiatives politiques de portée mondiale, notamment le document final du Rio+20, le document final sur le financement du développement et l’agenda 2030 de l’ONU pour le développement durable. Nous prions les chefs d’État et de gouvernement, réunis à Paris pour la COP 21, de prendre des mesures efficaces et ambitieuses dans la lutte contre le changement climatique et de considérer le mouvement coopératif comme un partenaire privilégié dans leur mise en œuvre ».

Les coopératives d’assurances entraînent un changement de culture

Le PDG de l’ICMIF, Shaun Tarbuck, dans un discours modéré par le Sous-Secrétaire général de l’ONU aux changements climatiques, Janos Pasztor, a présenté la façon dont le secteur des coopératives et mutuelles d’assurance (qui représentent la plus grande part des coopératives et mutuelles) sert de vecteur en doublant les investissements à prise de risque intelligente du secteur.

Ce dernier connaît aujourd’hui une évolution culturelle au niveau des équipes d’investissement, dans un effort visant à transférer les connaissances relatives au risque et à la modélisation que possèdent les acteurs chargés du volet souscription aux acteurs chargés des investissements, favorisant par là une culture à long terme de décisions d’investissement « plus intelligentes ». Il a ensuite expliqué comment la Stratégie de micro-assurance mutuelle 5-5-5 de l’ICMIF entend protéger 25 millions de personnes démunies supplémentaires dans les régions les plus pauvres du globe d’ici à 2020. Ce chiffre équivaut à 25 % de l’engagement pris par le milieu des affaires du G7 visant à augmenter la couverture en assurance climatique pour 400 millions de personnes pauvres et vulnérables supplémentaires dans des pays fortement exposés et à faibles revenus, et ce, au cours des cinq prochaines années.

« Les assureurs mutualistes sont restés le domaine à plus forte croissance du secteur de l’assurance à l’échelle mondiale depuis la crise financière », a déclaré Shaun Tarbuck, PDG de l’ICMIF. « Depuis 2007, notre secteur a vu les revenus tirés des primes augmenter de manière impressionnante pour atteindre une croissance de 31 %, soit bien au-delà de la croissance du marché qui s’élève, elle, à 13%. Notre modèle économique prospère grâce à l’adoption d’une approche durable et de long terme : ce n’est donc pas une surprise, aujourd’hui, de voir les dirigeants des entreprises d’assurance coopératives et mutualistes jouer un rôle social et économique aussi visible et vital dans le monde.

Les représentants de coopératives ont ensuite convenu de la tenue d’une conférence organisée par le Crédit Coopératif (FR) sur le thème « La société civile s’engage pour la transition climatique ». Des dirigeants d’entreprises coopératives des secteurs de l’énergie, de la finance et du logement ont rappelé aux dirigeants du monde entier que l’entreprise coopérative constitue un partenaire pour le long terme, porteur d’un engagement incomparable auprès des populations et doté d’un réseau mondial aux ramifications étendues. Les coopératives sont actives dans tous les secteurs, ce qui leur assure une incidence transversale.

En quoi les coopératives sont-elles un levier sans égal pour lutter contre le changement climatique?

Le modèle original des coopératives, par lequel elles appartiennent à leurs sociétaires, leur permet de prendre des engagements sur le long terme en faveur de la transition énergétique et du climat. Les coopératives placent les individus au cœur de leurs actions, ce qui favorise l’acceptation des sacrifices personnels que le changement climatique va imposer. Elles favorisent une mobilisation plus rapide des populations, car le changement leur appartient.

En première ligne du développement durable au quotidien

La présence intersectorielle des coopératives assure la création de réseaux diversifiés d’entreprises  durables,  qui  couvrent  les  énergies  éolienne,  renouvelables,  solaire  et géothermique. Les moyens de transport durables de passagers sont un autre domaine dans lequel les coopératives sont traditionnellement très actives, à l’instar  des coopératives de covoiturage et des coopératives de taxi utilisant des voitures hybrides.

En France, le Crédit Coopératif a mis en place une initiative inédite de collecte de contributions volontaires à partir de ses propres transactions. Cela a permis aux membres du Crédit Coopératif de soutenir financièrement la construction de logements durables dans une région indienne très pauvre de l’Himalaya.